Le temps, dans le sens élucidé par Heidegger, est-il la condition de possibilité de toute manifestation, et la plus originaire ? La manifestation de l’être est-elle nécessairement tragique, à-la-mort, ou bien y a-t-il une manifestation infinie, et laquelle ? La tragédie du savoir ignorant ses limites a déjà été pensée par Hegel, mais Heidegger a contesté la possibilité d’un savoir absolu prétendant la surmonter. Comment expliquer néanmoins « l’appel » persistant à chercher « le Mot unique » pour l’être, ou sa manifestation « la plus propre » ? Pour une part, cet ouvrage examine les tensions internes de la pensée heideggérienne du tragique, confrontée à celle de Hegel. Il fait aussi ressortir que des successeurs comme Levinas et Henry, en dépit de leur prise de distance, sont restés dépendants de Heidegger en tenant pour irréductible la finitude du savoir. L’aspiration à la plénitude intuitive (Husserl) – propre chez l’homme au désir naturel de connaître (Aristote) – demeure alors incompréhensible. Ne faut-il pas reconsidérer le thème traditionnel d’une Lumière éternelle, ainsi que celui de la vision immédiate de Dieu en tant que participation à cette Lumière ? Après une description de données de l’expérience mystique, cet ouvrage reprend la question de Dieu en lien avec celle de l’être, moyennant une lecture de Thomas d’Aquin en débat avec Heidegger et d’autres figures majeures de la phénoménologie.

Henri Mongis est agrégé de l’Université, docteur en philosophie, docteur d’État ès-lettres. Il est enseignant-chercheur à l’université de Tours et à l’IPC. Il a notamment publié Heidegger et la critique de la notion de valeur (la destruction de la fondation métaphysique), La Haye, Nijhoff, 1976, avec une lettre-préface de Martin Heidegger.

Paris, PUIPC, novembre 2015, 714 pages - 35 euros

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